Page 3 - ici Maintenant juin 2023
P. 3
Cas de conscience
Danièle Crevier, éditrice
J’estime que je suis une bonne citoyen- tion de gaz à effet de serre. Finalement, rienne pour contrer ces méfaits ? », me font paraitre pas mal insignifiants tous
ne verte. Chaque déchet que je produis pour l’anecdote, les sacs à crottes de chuchote à l’oreille ma conscience tes efforts pour sauver la planète ! ». Nul
est d’abord scanné par mon cerveau mes chiens sont biodégradables ! verte. Bel essai, mais il semble qu’un besoin de s’étendre sur le sujet pour me
avant d’atterrir dans le bac de compos- voyage outremer annule tous les béné- convaincre de l’impact négatif de ces
tage, de recyclage ou d’ordures. Finie Cette liste d’actions vertes ne vise pas la fices « carbone » réalisés en un an par mauvais garçons sur l’environnement.
l’insouciance d’il y a vingt ans où tous tape dans le dos. Elle fait plutôt partie une personne végétarienne ! Pas de L’actualité m’en bassine les oreilles au
mes rebuts aboutissaient, sans discrimi- d’une tentative de conscientisation chance. Vais-je me priver de voir le quotidien !
nation, dans un gros sac Glad. Mes sacs visant à mieux comprendre mon impact monde ? Faudra-t-il que la Terre fonde
Ziplock connaissent plusieurs vies. Je les sur l’environnement. D’un côté, j’essaie de chaleur sous mes pieds pour que je Que faire alors ? Rester chez moi, dans
lave après chaque utilisation et je mets de limiter la production de GES par de m’y résigne ? En attendant, j’essaie de ma forêt, à écouter des séries télé ? Pas
fin à leur existence seulement quand petits gestes, mais de l’autre j’adopte limiter les dégâts de mes voyages à très écolo comme projet, puisque, selon
ils sont percés. Ils sont alors placés dans certains comportements qui favorisent l’étranger en prolongeant mon séjour, des experts, regarder une heure et
« le sac des sacs » avec leurs compa- mon empreinte carbone. Et ceux-là, je en empruntant les transports en com- demie d’une série équivaut à parcourir
gnons en plastique en attente du pro- ne suis pas vraiment pas prête à les mun et en privilégiant les aliments 400 mètres en voiture à essence. Vivre
chain ramassage du bac de recyclage. abandonner ! Prenons l’exemple des locaux. Mince compensation, me direz- à la campagne, c’est merveilleux, mais
Je me procure mes détergents à vais- voyages en avion. Je suis une passion- vous, mais je ne peux m’imaginer cesser ça nécessite l’utilisation d’une voiture.
selle et à lessive, mes épices et tout née de voyages. J’ai maintenant atteint de voyager. Je me sens coupable de La période où j’ai laissé le moins d’em-
ce que je peux acheter en vrac à la une période dans ma vie où je peux penser ainsi. C’est là que l’argument du preintes carbone est lorsque je vivais à
boutique zéro déchet. Les fermes Lufa enfin me consacrer à cette passion. coin droit de mon ring entre en scène Montréal et que je faisais tout à pied ou
en hiver et les marchés publics en été pour renforcer mon cynisme face à la en transport en commun. Mais je suis
m’approvisionnent en légumes et en Dans le ring de ma conscience, deux situation actuelle. « Ben oui, tu fais ton retournée vivre dans les Cantons-de-
produits locaux. La majeure partie du arguments opposés s’affrontent au possible pour limiter ton empreinte l’Est parce que l’atmosphère en ville
temps, je consomme des aliments sujet des voyages. Dans le coin gauche carbone, mais peut-être t’illusionnes-tu était trop polluée.
d’origine biologique. Je fréquente les apparait un fait bien documenté : sur l’influence que tu as réellement sur
friperies pour donner et me procurer chaque vol transatlantique émet, par la planète. Regarde du côté des entre- Je tourne en rond.
des vêtements. Je mange moins de passager, l’équivalent de 60 % des prises polluantes et des gouvernements
bœuf et j’ai arrêté d’acheter de l’agneau, émissions produites par l’usage annuel irresponsables qui font pencher la Je vous le dis, c’est un véritable cas de
deux animaux au sommet de la produc- d’une voiture. « Et si tu devenais végéta- balance du mauvais côté. Disons qu’ils conscience !
Maintien à domicile
Diane Jules, collaboratrice
Éditrice : Danièle Crevier
dcrevier@idemocom.com À 70 ans, j’ai décidé de prendre en passerai l’été. OUF et RE-OUF ! Honnê- j’aurais pu rester de même… !? Surtout
Pour informations : main ma vieillesse ! Comme beaucoup tement, je m’attendais à du gros barda, que je ne compte plus les arbres qu’on
Louise Charbonneau 450 777-1222 d’entre vous, je désire plus que tout finir mais… pas à ce point-là ! Vous vous a dû abattre pour le maususse de
bonjour.louise@videotron.ca mes jours dans MA MAISON, où s’entas- souvenez de la petite maison blanche garage : des moments crève-cœur!
sent les bons et moins bons souvenirs qui est restée juchée au milieu des Tsé, des nanarbres que t’as plantés
Éditeur Collaborateurs
de ma trépidante existence. Un vrai inondations du Saguenay ? Sous cer- toi-même il y a 35 ans. Pis qui étaient
Idémo Communication Sophie Allard
festival du « Je me souviens » cette tains angles, cette maison me fait même pas malades ! Ma chum Louise
Rédactrice en chef Vittorio Canta baraque que j’adore, même si c’est penser à la mienne. Mon entrepreneur me répète souvent que choisir c’est
Danièle Crevier François Gay
jusse du matériel ! Il y’en a eu du va-et- n’en a certainement pas la même per- sacrifier, mais il n’y a qu’une moitié
Correctrice François Laramée vient dans cette piaule ! Comme je le ception, mais moi oui ! Une pauvre de mon cerveau qui comprend ça.
Paule Lorin Dominique Lépine dis souvent à la blague : « Les hommes esseulée affrontant l’Apocalypse ! L’autre moitié s’affole ! Mais moi aussi
Infographiste Jean-Pierre Pilon meurent, mais la demeure demeure. » j’ai un répertoire de phrases toutes
Louise Charbonneau Catherine Audet, Vaut mieux en rire. Une chaîne de montagnes de roches faites destinées à me faire du bien,
Impression Tourisme Bromont et de terre jalonne ma propriété, la comme ma préférée : Merci mon Dieu
Transcontinental Isabelle Marissal En fait, quand je dis « j’ai décidé » ce rendant méconnaissable ! La pluie les de ne me donner que cette épreuve !
Tirage Louise Roberge n’est pas tout à fait vrai… De bonnes transforme en coulées de bouette qui Ça relativise à tout coup. Et c’est dans
7000 exemplaires amies, ne supportant plus de me voir rendent l’accès acrobatique. C’est le un grand calme que je réalise que je
charroyer mes épiceries et bagages en temps de pratiquer de grandes enjam- ne fais tout ça que pour nourrir mon
Photo couverture : Toile de Louise Charbonneau
tous genres, en brouette l’été et en traî- bées et mon équilibre. espoir de m’éteindre doucement et
Ici Maintenant en mode virtuel neau l’hiver, ont réussi à me convaincre subitement comme un ti-poulet, dans
http://icimaintenant.ca/2023/06/01/vol-30-num-3/ de la nécessité de l’acquisition d’un On me dit que ce n’est qu’une fois les mes Zaffaires !
VOUS VOULEZ ANNONCER ? GARAGE, avant que je me fracture une travaux terminés que je pourrai enfin
hanche ! mesurer la pertinence de « ma » déci- Allez ! Bon été le monde ! Et faites atten-
Représentante : Louise Charbonneau sion, mais pour l’instant, je m’ennuie de tion aux tiques. Je viens juste de m’en
450 777-1222 ou bonjour.louise@videotron.ca
Finie l’ère de Maria Chapdelaine et des mon Abri Tempo. C’était la première fois enlever une ! On peut pas avoir un beau
PROCHAINE PARUTION : 11 août 2023 Filles de Caleb. C’est donc dans la que j’essayais LA chose l’hiver dernier garage impunément.
construction de ce garage que je (une révélation !), et Y’m sembbb que
Date de tombée (textes et publicités) :24 juillet 2023
3
Ici Maintenant juin/juillet 2023

